√Vacher de Lapouge et la création de la Prusse par la France ~ Songkrah
Mai 2026 – Source Nicolas Bonnal

J’ai repris sa lecture après des décennies de vacance et j’ai été stupéfait par sa perception historique. Et par sa tolérance, alors qu’on en fait un pré-hitlérien. Vacher de Lapouge est un écrivain maudit, contemporain de nos poètes maudits. Et voyez comme il parle mal des persécutions religieuses catholiques :
… Dans ce nombre 8 800 malheureux furent brûlés vifs en Andalousie ; dans une seule année 2 000 Juifs doivent avoir été mis à mort, 17 000 condamnés à d’autres peines.
C’était une période de crise, mais l’Inquisition n’a éteint ses bûchers que depuis moins d’un siècle.
On arrive ainsi pour une série de siècles à un total qui explique l’indigence absolue d’eugéniques et même d’hommes de valeur qu’on pourrait appeler sporadiques, Il existe aujourd’hui en Espagne un niveau général de paresse et d’ignorance insouciantes, d’étroitesse d’esprit et de faux jugement qui étonne. La valeur de la population espagnole, pourtant fort intelligente, est ainsi très inférieure à celle d’aucun autre peuple, et la situation géographique du pays peut seule répliquer qu’elle se maintienne indépendante au contact de peuples hautement civilisés.
Le fanatisme religieux est la cause de cette infériorité sans remède.
Madison Grant le reprend tel quel dans son bestseller de 1916 sur la disparition de la grande race.
Et sur les Juifs voici ce que « notre hitlérien selon les crétins » écrit tout de même :
Même phénomène chez les familles rabbiniques. Un nombre prodigieux d’hommes remarquables de notre temps sortent des familles sacerdotales juives, où l’étude est en honneur depuis des siècles. Dans tous les pays à peu près il existe parmi les Juifs une spécialisation héréditaire, les uns se vouant à l’étude, les autres pratiquant avec un succès bien connu toutes les branches du commercé, et de préférence le brocantage et le prêt d’argent. Les premiers sont les plus purs de race, la finesse de leur type, encore bien oriental, suffit à le prouver. Leurs ressources sont en général plus modestes, mais leur valeur personnelle en fait une aristocratie intellectuelle tout à fait unique au monde. Relégués dans l’étude de la Bible et du Talmud pendant de longs siècles, ils abordent aujourd’hui toutes les branches de la culture humaine avec une supériorité marquée. L’Annuaire de l’instruction publique, les listes des membres des sociétés savantes, littéraires, artistiques, en France et plus encore en Allemagne et en Autriche, renferment un nombre de Juifs tout à fait hors de proportion avec l’importance numérique de la nationalité Israélite. Les neuf dixièmes se rattachent aux familles rabbiniques.
J’ai beaucoup écrit sur le génie juif (22% de prix Nobel pour 0,2% de la population mondiale), que ce soit dans mes chroniques ou mes livres sur Internet (une bonne moitié de cerveaux juifs comme d’habitude) et Kubrick (le cinéma américain juif aussi à 70%…). On consultera aussi les écrits des spécialistes juifs sur la question comme Raphael Patai. Dans ses mémoires l’indianiste Daniélou rend aussi hommage à cette impressionnante et « admirable » éducation juive.
Mais je reprends Vacher.
Petit coup de canif aux chrétiens :
Ce qui est vrai des fils de pasteurs et de rabbins, élite d’élites, l’aurait été des prêtres catholiques, élite de la masse. Dans des proportions moindres, le clergé français, italien, espagnol aurait fait souche d’hommes illustres si la discipline de l’Église avait été autre : mais le royaume du Christ n’était pas de ce monde !
Selon Vacher et pas mal d’autres génies de son époque (Madison Grant, Gustave Le Bon), il aurait mieux fait d’y rester dans son autre monde. Et on ne citera pas encore Nietzsche ou Céline…
Sur le christianisme, alors que le pape US de Rome (et non US go Home) bénit les glaçons et se fout de la guerre à Gaza ou ailleurs, et que l’archevêque de Canterbury est une femme, le maître et ami de Madison Grant écrit nûment :
Assurément tout cela suppose une dépense de force psychique prodigieuse, mal employée en ce sens que le point de départ étant une idée théologique la valeur du travail est subordonnée à la valeur de l’idée, et celle-ci est bien discutable, sans vraisemblance au point de vue scientifique, mais si le christianisme a aiguillé l’esprit humain sur une fausse voie, dans une impasse de garage, il n’en est pas moins certain que le monde romain et le monde barbare ont produit un mouvement intellectuel d’une incomparable puissance.
La longue théorie des exploits chrétiens aura produit ses effets :
On aura beau supprimer les couvents, diminuer l’influence du clergé, dissiper les superstitions, on ne rendra pas la vie aux hommes supérieurs qui ont été détruits, on ne fera pas naître la brillante postérité qu’ils auraient laissée. Tout se paie, et le peuple qui détruit ses eugéniques est voué à la destruction ou à la plus méprisable décadence.
J’en arrive au point principal, à savoir la Révocation de l’Édit de Nantes, à la catastrophique expulsion des protestants de France par le régime louis-quatorzien devenu fou (comme dit Dostoïevski ce monarque est devenu célèbre pour avoir dit le premier : l’État c’est moi) :
La persécution religieuse en France. — Je crois que l’impuissance actuelle de la France à suivre la marche des autres nations est due surtout à cette même cause, et si nos eugéniques ont beaucoup souffert pour d’autres raisons, les persécutions contre les Réformés marquent le premier pas appréciable vers la décadence.
Et là Vacher appuie où cela fait mal. C’est la France protestante expulsée, composée des éléments les plus brillants du royaume expulsée par ce roi et sa bonne femme (revoyez les scènes de Guitry et de sa Maintenon dans Versailles, elles sont succulentes, on dirait déjà un vieux couple devant sa télé) qui a créé la Prusse moderne :
La statistique permet d’apprécier avec une certaine précision l’étendue de la persécution, et nous pouvons juger par leurs descendants de la valeur des hommes qui ont abandonné la France. La puissance de la Prusse, son hégémonie en Allemagne et en Europe en sont les conséquences évidentes de notre grande faute religieuse. Avant la révocation de l’Édit de Nantes, la Prusse n’était qu’un petit État misérable, à demi désert et sans industrie, Berlin une petite ville ou plutôt un grand village malpropre. En moins d’un demi-siècle, les réfugiés eurent fait de Berlin un grand centre en toutes choses, et ils donnèrent à la Prusse une armée puissante.
Vacher se base sur une étude de Charles Weiss, étude remarquable et complète sur cet essaimage du génie réformé en Europe (y compris en Russie ! Y compris en Russie tzariste et orthodoxe alors que l’on persécutait et tuait le protestant en France !), et il ajoute :
Peu de temps après l’Édit de Potsdam, Frédéric Guillaume voyait dans Berlin 10 000 réfugiés français sur 27 000 habitants. Autour de Potsdam se groupaient plusieurs milliers de familles de protestants messins. Leurs descendants sont en partie retournés à Metz et constituent avec des noms français la population la plus anti-française de toute l’Alsace-Lorraine.
Rétablis par la Prusse, ils sont le plus solide appui de la puissance prussienne dans les provinces annexées.
Frédéric Guillaume ne recruta pas moins de 25 000 hommes parmi les réfugiés. Il y avait des régiments entiers composés de Français. La puissance militaire de la Prusse remonte à celte époque, elle vient du développement de ce premier noyau.
Rappelons que Turenne était protestant (mort en 1675…), et que les chefs de guerre huguenots furent prestigieux et très capables :
Une bonne partir de la classe dirigeante de la Prusse descend d’une manière directe ou par les femmes de ces réfugiés et surtout des officiers protestants. On sait que nous n’avons pas en Allemagne d’ennemis plus intransigeants.
La catastrophe fut démographique, industrielle, commerciale, intellectuelle (oh le déclin froncé en cette fin glauque de Grand Siècle…) :
Certaines provinces de la France furent privées d’une grande partie, quelquefois de la majorité de leurs habitants les plus aisés, les plus industrieux. La Normandie envoya en Prusse plus de 200 000 habitants, les Cévennes furent dépeuplées,
C’est ainsi que se fondèrent les villes industrielles du Nord de l’Allemagne, c’est ainsi que dans les sables et les bruyères on vit se développer une agriculture. La Prusse existait à peine avant l’édit de Potsdam : le lendemain elle avait les éléments d’une prospérité qui devait faire d’elle une grande puissance, tandis que la France, appauvrie d’autant, commençait sa marche vers le déclin. La révocation de l’Édit de Nantes a été pour la France un fléau pire que la peste, car la peste ne choisit guère et la persécution choisit les meilleurs pour les frapper.
Enfin la France fanatique créa la Prusse :
Si la Prusse n’avait pas reçu cette impulsion soudaine, si elle n’avait pas absorbé toute cette force d’eugénisme, ses destinées n’auraient pas, malgré tout le génie d’une série de grands princes, balancé celle des autres états allemands. Si la France, par réciproque, avait la postérité des hommes qui émigrèrent ainsi, sa situation serait aujourd’hui tout autrement brillante.
Cela nous rappelle bien cette expression célèbre sur le « beau cadeau de Hitler à l’Amérique ». On sait lequel !
Je vais citer Allsworth Ross, un de mes écrivains américains préférés sur cette savante question, ennemi de la moderne immigration EUROPÉENNE en Amérique ; lui aussi était un fan des huguenots (nos meilleurs poètes d’alors : voir Du Bartas, Sponde ou D’Aubigné bien sûr). Et Ross leur donne une mission carrément fondatrice :
Probablement aucune lignée n’est jamais arrivée ici aussi douée et puissante que les huguenots français. Bien qu’ils ne soient que quelques milliers au total, leurs descendants ont fourni 589 des quatorze mille et plus d’Américains jugés dignes de figurer dans l’« Appleton’s Cyclopedia of American Biography ». En 1790, seulement 0,5 % de notre peuple portait un nom français ; pourtant, cette fraction a contribué à 4,2 % des noms éminents de notre histoire, soit huit fois leur juste part. Comme les puritains et les quakers, les huguenots appartenaient à une lignée qui résiste à l’épreuve du feu et consent à des sacrifices suprêmes pour la conscience. Ils avaient la même affinité pour les idéaux et la même ténacité de caractère que les fondateurs de la Nouvelle-Angleterre, mais leur sang français leur apportait une sensibilité, une ferveur et un talent artistique qui leur étaient propres.
Ce sont donc nos huguenots qui en dépit d’un petit nombre massacré et persécuté qui créèrent l’Amérique ?!
Je redonne l’interminable phrase magique de Saint-Simon sur cette glorieuse décision royale et catholique (cela rime avec cathodique) :
Ce complot affreux qui dépeupla un quart du royaume, qui ruina son commerce, qui l’affaiblit dans toutes ses parties, qui le mit si longtemps au pillage public et avoué des dragons, qui autorisa les tourments et les supplices dans lesquels ils firent réellement mourir tant d’innocents de tous sexes par milliers… qui fit passer nos manufactures aux étrangers, fit fleurir et regorger leurs états aux dépens du nôtre et leur fit bâtir de nouvelles villes, qui leur donna le spectacle d’un si prodigieux peuple proscrit, nu, fugitif, errant sans crime… enfin qui, pour comble de toutes horreurs, remplit toutes les provinces du Royaume de parjures et de sacrilèges, où tout retentissait de hurlements de ces infortunées victimes de l’erreur, pendant que tant d’autres sacrifiaient leurs consciences à leurs biens et à leur repos et achetaient l’un et l’autre par des abjurations simulées, d’où, sans intervalles, on les traînait à adorer ce qu’il ne croyaient point… Telle fut l’abomination générale enfantée par la flatterie et par la cruauté.
Le bilan en Espagne (Vacher blâme bien sûr l’expulsion des Mores et des juifs) ne fut guère plus brillant :
Au cours de ces trois siècles, pas moins de 32 000 personnes furent brûlées vives, 291 000 furent condamnées à diverses peines d’emprisonnement et autres peines, et 7 000 personnes furent brûlées en effigie, représentant des hommes morts en prison ou ayant fui le pays.
On ne pouvait imaginer de meilleure méthode pour éliminer les lignées productrices de génie d’une nation, et si tel était son objectif, le résultat fut éminemment satisfaisant, comme le démontre l’Espagnol superstitieux et inintelligent d’aujourd’hui. Une élimination similaire des cerveaux et des talents eut lieu en Italie du Nord, en France et aux Pays-Bas, où des centaines de milliers de huguenots furent assassinés ou contraints à l’exil.
Qui a dit que la mission de la France n’était pas civilisatrice ?
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Sources
songkrah.blogspot.com


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