√La guerre contre l’Iran. Ansar Allah passe à l’offensive ~ Songkrah
Par Moon of Alabama – Le 11 septembre 2026
À la mi-juillet, l’Arabie saoudite a relancé sa guerre contre le gouvernement yéménite d’Ansar Allah et le mouvement Houthi :
Les forces dirigées par l’Arabie saoudite ont bombardé lundi l’aéroport international de Sanaa, au Yémen, relançant la guerre contre les Houthis du Yémen, officiellement connus sous le nom d’Ansar Allah, rompant le cessez-le-feu qui tenait relativement bien depuis 2022.
L’attaque a été revendiquée par le soi-disant “gouvernement internationalement reconnu” du Yémen, qui est basé en Arabie saoudite et ne dispose pas de sa propre force aérienne, ce qui signifie que les frappes ont presque certainement été lancées par des avions de guerre saoudiens.
En réponse, le porte-parole militaire d’Ansar Allah, Yahya Saree, a promis que le Yémen riposterait et a déclaré que l’ère de la “désescalade” entre les deux parties était terminée. Un porte-parole de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite a affirmé plus tard que “les défenses aériennes saoudiennes ont intercepté une salve de missiles balistiques lancées par la milice terroriste houthi vers la région sud.”
Le Yémen a riposté. Des missiles ont été tirés contre des aéroports et des installations pétrolières saoudiens. Ansar Allah a entrepris de bloquer la mer Rouge pour le trafic maritime lié à l’Arabie Saoudite. Il a tiré des missiles sur plusieurs navires qui tentaient de passer.
L’Arabie saoudite contournait le blocus iranien du détroit d’Hormuz en pompant du pétrole de ses champs pétrolifères de l’est et en l’acheminant par son oléoduc Est-Ouest jusqu’à la côte de la mer Rouge. Comme le détroit méridional de Bab el-Mandeb est maintenant bloqué par Ansar Allah, le seul débouché restant pour les Saoudiens est le canal de Suez, qui ne permet pas le passage des Très Gros Pétroliers entièrement chargés. Quelque 5 millions de barils par jour sont encore exportés par cette voie.
D’autres bombardements saoudiens sur les positions d’Ansar Allah ont suivi. Hier, Ansar Allah a riposté là où ça fait mal.
La carte montre les positions occupées par Ansar Allah jusqu’au 9 septembre. Alors que la région ne représente qu’un tiers du Yémen, elle abrite environ 80% de sa population. La côte sud et le grand désert à l’est sont gouvernés par le « gouvernement internationalement reconnu du Yémen« , qui a été installé par l’Arabie saoudite, et composé de diverses milices engagées par l’Arabie saoudite et d’autres engagées par les Émirats arabes Unis (EAU) :
Hier, une vaste opération terrestre d’Ansar Allah a mis en déroute la milice saoudienne rémunérée le long de la mer Rouge. Elle a permis de prendre le contrôle d’une vaste zone, le port de Mocha et des îles de la mer Rouge situées dans le détroit de Bab el-Mandab (marqué en bleu):
Les forces contrôlées par l’Arabie saoudite ont laissé leur équipement derrière elles et se sont enfuies vers Taëz. Cette ville est tenue par des milices contrôlées par les Émirats arabes unis qui ont immédiatement bloqué l’entrée des milices contrôlées par les Saoudiens.
Cette opération éclair donne à Ansar Allah le contrôle total de l’entrée principale de la mer Rouge sans avoir à utiliser des missiles à longue portée.
Bien que cela ne soit pas confirmé, on pense qu’Ansar Allah a également tiré des missiles sur l’Arabie saoudite, qui ont détruit au moins une partie de son pipeline Est-Ouest. Tout cela ensemble ne laisse aucune voie d’exportation disponible pour le pétrole saoudien.
Les forces soutenues par les Émirats arabes Unis au Yémen sont également en difficulté. Même s’ils tiennent la ville de Taiz, leur route de ravitaillement vers l’ouest depuis le port de Mocha est fermée. Les forces d’Ansar Allah sont également proches de la route entre Taiz et Aden. Taiz pourrait bientôt être encerclée.
Le gouvernement saoudien est coincé. Ses forces par procuration au Yémen ont été mises en déroute et sont en conflit, non seulement avec Ansar Allah, mais aussi avec la milice « alliée » payée par les Émirats Arabes Unis. Elles ont également perdu la plupart de leurs camions et de leur équipement.
Il y a quelques semaines, les Saoudiens avaient annoncé un pacte de défense avec la Turquie et le Pakistan. Mais cet accord n’inclut que la défense du territoire saoudien, et non des mesures saoudiennes offensives contre ses voisins du sud au Yémen. Les Pakistanais ont donc déclaré qu’ils ne voyaient aucune raison d’intervenir dans le conflit.
Muhammad bin Salman, l’actuel dirigeant de l’Arabie saoudite, a demandé à deux reprises l’aide des États-Unis pour bombarder Ansar Allah au Yémen. La Maison Blanche, échaudée par les pertes antérieures dans les combats contre Ansar Allah, a rejeté toute nouvelle participation active à cette guerre. A la place, elle a envoyé une unité de renseignement pour aider les Saoudiens à trouver des cibles. Mais trouver des cibles n’est pas ce qui compte.
Bombarder Ansar Allah a été essayé pendant des années avec peu de résultats. Les Saoudiens n’ont pas le nombre d’hommes nécessaire pour lancer une invasion. Ils devront trouver une solution politique au conflit avec leur voisin.
Il y a des signes que l’attaque surprise d’hier par Ansar Allah ne sera pas étendue davantage :
Mohammed al-Bukhaiti, un responsable politique houthi, a déclaré dans une interview que l’objectif du groupe était de “restaurer pleinement la souveraineté et l’indépendance du Yémen” et d’affronter “l’ennemi saoudien”, plutôt que d’étendre son territoire.
« D’autres factions » dans le sud du Yémen peuvent « conserver les zones sous leur contrôle » jusqu’à la tenue d’un processus politique yéménite, a ajouté M. al-Bukhaiti.
Ansar Allah est allié à l’Iran. Avec l’Iran contrôlant le détroit d’Hormuz et Ansar Allah contrôlant maintenant totalement Bab el-Mandab, exporter le pétrole de la région est devenu extrêmement difficile.
Le prix du pétrole brut est supérieur à 100 dollars le baril. Les bons du Trésor à dix ans sont proches de 5%. L’inflation aux États-Unis reste à un niveau officiel de 3,4%, tandis que le prix du diesel a franchi la barre des 6 dollars le gallon.
Tous ces chiffres, et les bouleversements au Yémen, sont une des conséquences de la décision de Trump de lancer une guerre contre l’Iran.
Moon of Alabama
Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.
songkrah.blogspot.com

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